07.05.2008
La démocratie sociale, le centrisme, le renouveau politique
Il y avait quelque chose de visionnaire dans le diagnostic de François Bayrou lors de l'élection présidentielle. La France est un des seuls pays européens qui voit encore son modèle politique calqué sur un affrontement gauche-droite. La mondialisation, l'économie de marché, la globalisation des échanges, ont fait que les curseurs politiques se sont déplacés vers la droite.
La plupart des gauches contestataires sont devenues des partis marginaux altermondialistes, qui annoncent une volonté relativement dogmatique d'entrer en confrontation avec le capitalisme.
Or, le capitalisme n'est pas mauvais en soi. Et c'est justement ce constat qui structure la démocratie sociale.
Le capitalisme doit être régulé, soutenu par des états forts et pragmatiques, afin de répondre à des notions d'intérêt général. Auquel le
libéralisme seul ne peut prétendre.
En 2007, on assistait à un débat maladroit entre la candidate socialiste, tiraillée entre un appareil "à babord toute" et une volonté politique de centrisme de gauche. Avec un candidat conservateur, voire droitier, qui est allé aspirer l'électorat souverainiste et frontiste.
La porte cohérente du pragmatisme politique s'est ouverte sur la candidature de François Bayrou.
Aujourd'hui, on le sent bien, l'échiquier politique est en pleine restructuration. Le seul obsctale à cette reconstruction, ce sont les institutions. Hantées par le souvenir d'une IVè république ingouvernable, car dogmatiquement proportionnelle, la Vè république pêche par une omerta sur les formations politiques secondaires, qui perdent mécaniquement aux élections législatives.
La réforme des institutions en cours, le souhait d'une proportionnelle affirmée par les formations du centre et de la gauche - aux alentours de 10% -, va dans le sens d'une meilleure représentation des sensibilités politiques. Sans remettre en cause la capacité du gouvernement à mener le bateau France.
Un déblocage politique créé par cette réforme des institutions permettrait sans doute d'assurer une meilleure structuration du paysage politique. Et permettrait de faire émerger une force démocrate sociale, comme on en voit dans tant de pays européens. Ne serait-ce qu'en Angleterre où les libéraux-démocrates ont réalisé 24% aux dernières élections municipales.
Sur la blogosphère, les initiatives allant dans ce sens sont également nombreuses. Entre sociaux démocrates, radicaux, centristes et démocrates, sur le fond idéologique, il n'y a que peu de divergences.
C'est la stratégie politique, d'alliance systématique créée par le Vè république, qui favorise le clivage gauche-droite.
La modernisation des institutions, le renforcement du pouvoir parlementaire, permettra sans nul doute la modernisation du paysage politique français.
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