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31.03.2008
Jean Sarkozy - Succession à l'UMP de Neuilly
Jean Sarkozy, fils de Nicolas Sarkozy de 21 ans, va prendre la tête de la section UMP de Neuilly, où son père a été maire de 1983 à 2002.
Récemment élu conseiller général des Hauts-de-Seine sur le canton de Neuilly-sud le 9 mars, à 52% des voix, Jean Sarkozy prendre en charge la
coordination de l'UMP locale, forte de 4.000 adhérents.
Cette section était dirigée par Arnaud Teullé, mais ce dernier a été suspendu de l'UMP au cours du psychodrame municipal de Neuilly, lorsqu'il s'est présenté comme candidat dissident face au divers-droite Jean-Christophe Fromantin, soutenu par l'UMP.
"Jean Sarkozy nous est apparu comme la personne la mieux placée pour fédérer, dynamiser et rassembler" la section de Neuilly, a expliqué le secrétaire déparmental de l'UMP.
Tant que l'on assistera à des adoubements de ce type, les citoyens ne reprendont pas confiance en la politique.
Sans avoir de préjugés sur les compétences de M. Jean Sarkozy, on est tout de même en droit de douter de la capacité d'un jeune homme de 21 ans pour tenir la fonction d'élu et la fonction de Président de l'importante section de Neuilly.
La politique doit être une affaire d'experts, de citoyens convaincus, et non de courtisans.
Thibault
14:34 Publié dans Politique à Paris | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : jean sarkozy, neuilly, ump
29.03.2008
Régionales 2010 - Un changement de scrutin pour favoriser le pluralisme ?
Les municipales de mars 2008 ont été une alerte pour le gouvernement. Elles ont relancé l'influence pour les socialistes dans les territoires. Là où il s'est présenté de manière autonome, le Mouvement Démocrate a réalisé au premier tour un score moyen de 16%.
Résultats qui montrent que le bipartisme pourrait être troublé dans les années à venir.
A la sortie des municipales, la majorité anticipe un changement de mode de scrutin pour les régionales de 2010.
Ce changement de mode de scrutin serait-il dans le sens de l'intérêt général et de la représentation du pluralisme ?
Jean-Pierre Raffarin assume une stratégie qui favoriserait le bipartisme.
In Le Figaro
Régionales 2010 : les soupçons de l'opposition
Jean-Baptiste Garat
Il y a cinq ans, la loi électorale avait été modifiée par Jean-Pierre Raffarin pour endiguer la poussée du Front national.
La réforme du mode de scrutin avant les échéances de 2010, souhaitée par le premier ministre, suscite l'opposition du PS et du MoDem.
La question remuait les cadres de l'UMP depuis plusieurs jours, François Fillon l'a exposée cette semaine. Dans L'Express, le premier ministre s'est prononcé «à titre personnel » pour une modification du mode de scrutin des régionales de 2010. «Le gouvernement souhaite un débat», a-t-il expliqué avant d'ajouter que sa préférence «va pour la proportionnelle à un tour». Façon pour le premier ministre d'engager un bras de fer avec l'opposition alors que celle-ci renâcle dans la réforme des institutions ? Il s'en défend : il faut «dissocier la question des modes de scrutin de la
révision constitutionnelle».
La levée de boucliers à gauche n'a cependant pas tardé. «En tant que président de l'Association des Régions de France, je tiens à vous exprimer à nouveau notre opposition la plus ferme et notre grande inquiétude face à ce projet», écrivait le socialiste Alain Rousset à Matignon dès jeudi. Bruno Le Roux, secrétaire national du PS en charge des élections, attend avant toute chose qu'on lui explique «pourquoi» un tel changement. «Le mode de scrutin en vigueur a permis de dégager des majorités. La droite ne semble guidée sur les questions des modes de scrutin que par une inquiétude : “Quel est celui qui va nous permettre de gagner la prochaine fois ?”»
Des arguments balayés d'un revers de la main à l'UMP, où les voix sont nombreuses, après les défaites des municipales et des cantonales, à se prononcer pour une telle modification. «Le scrutin actuel est inique, injuste et très complexe, explique Roger Karoutchi. La lisibilité de l'élection régionale, avec son scrutin proportionnel à deux tours et prime au premier, est un vrai problème. Cela a conduit à l'abstention que l'on a connue en 2004.» La possible tête de liste UMP en Ile-de-France se sent d'autant plus à l'aise dans ses critiques qu'il rappelle que c'est l'actuelle majorité «qui a mis en place cette usine à gaz». Un an avant la débâcle de 2004, la loi électorale en vigueur avait été modifiée par Jean-Pierre Raffarin pour éviter que le FN ne se retrouve en position d'arbitre.
En 2008, l'ancien premier ministre tient le même discours mais la cible a changé. «Le scrutin actuel est mauvais dans la mesure où on est dans une logique de parti unique : on n'a plus de réserve de voix pour le second tour, on l'a d'ailleurs
souvent constaté aux municipales cette année», explique Raffarin. Il propose donc «le maintien de ce mode de scrutin, mais à un seul tour pour favoriser encore le bipartisme». Un bipartisme menacé ? «Avec les Européennes en 2009, François Bayrou va retrouver une certaine audience, analyse l'ancien premier ministre. Il ne faut pas que l'année suivante, les assemblées régionales redeviennent ingouvernables à cause de petits partis.»
Au MoDem, bien sûr, on déplore une telle initiative. «Entre le résultat des élections nationales en 2007, dont l'UMP a tiré le plus grand profit, et celui des élections locales en 2008, dont le PS, à son tour, a tiré le plus grand profit, il y a une volonté de maintenir le débat politique dans le monopole de deux formations», déplore le Conseiller régional Éric Azière , en charge des élections au MoDem. «Si les scrutins locaux deviennent des scrutins sanctions, c'est que les citoyens ne se reconnaissent pas dans la représentation nationale», analyse (le député européen) Bernard Lehideux .
11:44 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : régionales 2010, françois fillon
28.03.2008
Fuzz et Olivier Martinez - Vers une jurisprudence absurde ?
"Ce jeudi 27 mars 2008 restera comme une journée noire pour le Web français". Eric Dupin, fondateur du site Fuzz.fr.
Le blogueur Web français vient d'être condamné en référé par le tribunal de grande instance de Paris à payer 1.000 euros de dommages et
intérêts et 1.500 euros de frais de justice à la partie adverse, pour avoir porté atteinte à la vie privée de l'acteur.
Il est condamné pour avoir repris sur son site un lien menant vers un article de source tierce qui évoquait une rumeur amoureuse entre Olivier Martinez et une célèbre chanteuse.
Eric Dupin précise : "Je suis affligé. Cette décision est grave car elle remet en question les fondements même du Web communautaire. Elle montre aussi l'incompréhension de la justice quant au fonctionnement des sites comme Fuzz".
Le tribunal a retenu la « responsabilité d'éditeur » d'Eric Dupin, alors que Fuzz.fr était alimenté en liens postés et catégorisés par les internautes eux-mêmes. Le site s'apparente donc clairement à un hébergeur non responsable de la nature de ses contenus, à l'instar de l'encyclopédie Wikipédia, récemment relaxée après des plaintes pour diffamation. « Les Fuzz-like sont en danger de mort », prévient le blogueur.
Le jeune éditeur lyonnais du site d'infos locales CroixRousse.net, Laurent Galichet, partage la même stupeur : "Cela signifie que n'importe qui peut être attaqué pour avoir hébergé un lien sur son site… C'est comme si on attaquait des kiosques à journaux lorsqu'un des magazines qu'ils vendent est poursuivi en justice !"
Marc Rees , dans PC Inpact, réalise une analyse fine des enjeux de l'affaire Fuzz.
"Eric Dupin a finalement été condamné en référé pour violation de la vie privée de l’acteur Olivier Martinez. (...)
Son reproche est d’avoir laissé passer sur son digg like un lien posté par un contributeur et dirigeant vers une actu people touchant l’acteur. Selon nos informations, « il a été considéré comme éditeur du contenu qu’il n’écrit pas… » résume son avocat, Gerald Sadde, du cabinet Roche & Associés. Le seul critère intéressant : « en mettant en place une rubrique au sein du site nommée Les Peoples il se mettait en position d’un directeur de la rédaction qui prenait un choix éditorial. Dans le site, il a 25 rubriques qui recoupent de ce dont on peut parler globalement, que ce soit du sport, des TIC, etc. A mon sens il n’y a pas de choix éditorial ».
Ces rubriques étaient comme des caisses vides où chacun pouvait poster n’importe quoi ou rester silencieux… C’est ce critère qui a été essentiel pour faire pencher la balance pour le statut de l’éditeur. Un digg like est donc assimilé à un titre de presse et son responsable est responsable comme l’est un directeur de rédaction. « Au aucun cas il n’a considéré qu’on pouvait se considérer comme un rôle de prestataire technique. »
Problème : Google ou Fuzz, même combat. Sur Google c’est le moteur qui cherche l’information. Le moteur devrait ainsi être plus responsable que Fuzz puisque sur le digg-like ce sont les gens qui apportent l’information, estime l’avocat. « Il a été attaqué pour un lien, il n’y avait rien sur Fuzz, c’était un pur lien sur lequel il fallait cliquer pour lire l’article ».
« Tous ceux qui incluent peu ou prou du web communautaire, qu’ils interagissent ou non avec l’internaute ou non, qu’ils gèrent ou non le contenu, ils doivent mettre en place un contrôle a priori humain. Tout ce qui passe doit être contrôlé puisqu’on peut être assigné même si c’est perdu dans les fins fonds des archives. Cela ne change rien, il n’y a pas de prescription puisqu’on n’est pas en matière de diffamation ». Cette jurisprudence agit comme un cancer sur le statut des hébergeurs puisque leur territoire devient de plus exigu. Si on reconnait que tout le monde est éditeur, il faut mettre une procédure d’alerte réclame l’avocat de Fuzz : « si la personne veut faire arrêter tout de suite un préjudice, il est plus simple d’envoyer une lettre recommandée qu’une assignation. Cela prend trente jours de moins. S’il y a une urgence, 30 jours, c’est un délai qui compte ! »
On peut facilement imaginer maintenant les cas où des personnes vont s’auto-générer un dommage sur les sites communautaires. Il suffirait qu’un lien soit posté dans un digg-like faisant état des relations sexuelles intimes entre Marc Rees et, par exemple une chanteuse australienne née le 28 mai 1968, pour que je puisse demander réparation pour atteinte à la vie privée. « Cela pose un problème technique de faisabilité » nous avait admis l’avocat de Martinez, « mais cette protection est légitime et je n’ai pas les solutions techniques ."
L'absurdité de ce constat est assez parlante : il est concrètement assez difficile d'imaginer qu'un moteur de recherche puisse contrôler l'ensemble des liens qu'il indique. Si la protection de la vie privée est totalement légitime, à l'heure où l'information atteint une forme de gigantisme avec Internet, il n'en demeure pas moins que la faisabilité humaine et technique du contrôle des liens Internet est à mettre en doute.
Nul doute que les atteintes à la vie privée connaîtraient une judiciarisation exponentielle si cette jurisprudence venait à être confirmée.
Thibault
14:11 Publié dans Intérieur et sécurité | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : internet, eric dupin
27.03.2008
X. Bertrand & N. Kosciusko-Morizet - Rééquilibrage des forces à l'UMP
La cote de popularité du Président continue de s'effriter, et ce dernier semble confirmer un virage atlantiste de la diplomatie française.
Afin de rassurer le flanc centriste de l'UMP, et de réduire l'influence du populaire François Fillon et de l'impopulaire Patrick Devedjan, Nicolas Sarkozy a décidé de promouvoir Xavier Bertrand et Nathalie Kosciusko-Morizet aux postes de secrétaires généraux adjoints de l'UMP.
Nicolas Sarkozy affiche une volonté d'apaisement des troupes de l'UMP avec un ministre du travail et une secrétaire d'état à l'écologie plus aptes à rassembler les forces de centre-droit, alors que les doutes s'installent à droite suite à la dégradation de l'image du président et a sa contagion dans les résultats des municipales.
Cependant, Nicolas Sarkozy peut-il afficher une politique résolument néo-libérale, même flanqué de secrétaires de l'UMP plus modérés ?
Thibault
14:00 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : ump, nicolas sarkozy, kosciusk-morizet, xavier bertrand
26.03.2008
Le Président Sarkozy au Palais de Windsor - commerce et volte-faces
En visite pour deux jours à Londres , Nicolas Sarkozy va tester les premiers effets de sa cure de "re-présidentialisation". Actuellement en chute dans les sondages, suite à une dégradation de son image, et suite à son aveu de ne pouvoir proposer un programme efficace de soutien au
pouvoir d'achat, le chef de l'Etat s'est rendu à Londres afin de rencontrer la Reine Elisabeth et le Premier ministre Gordon Brown.
Chaque Président de la Vè République s'est rendu une fois en viste d'Etat en Angleterre. La dernière visite d'un chef d'Etat français était celle de Jacques Chirac en 1996.
Nicolas Sarkozy a fait écho à la lointaine "Entente cordiale" de 1904, en affirmant "l'Entente amicale" entre la Grande-Bretagne et la France, et la "Nouvelle Fraternité" .
Notions politiques qui notent une proximité entre les deux pays.
Il a appelé à compléter l'axe franco-allemand par un rapprochement plus fort entre la Grande-Bretagne et la France : deux sujets majeurs occuperont les deux pays.
La Défense, avec la continuité du conflit en Afghanistan. On entendra dans les paroles de Nicolas Sarkozy un discours simpliste sur le terrorisme international, qui semble inspiré de la sémantique de GW Bush.
"Est-ce que la France veut partir? La réponse est non. Est-ce qu'on peut se permettre de perdre en Afghanistan? La réponse est non. Mais elle demande à ses alliés: 'Etes-vous prêts à rester?'". Il a souligné qu'il s'agissait d'un "engagement de longue durée.
On notera que le 26 avril 2007, sur France 2, Nicolas Sarkozy était favorable à un retrait des soldats français d'Afghanistan . "Il était certainement utile qu'on les envoie dans la mesure où il y avait un combat contre le terrorisme. Mais la présence à long terme des troupes françaises à cet endroit du monde ne me semble pas décisive".
En l'espace de neuf mois, pour des raisons principalement commerciales liées à la relance du nucléaire en Grande-Bretagne - synonyme de soutien à la croissance du champion nucléaire Areva -, le Président a donc changé de fusil d'épaule concernant la situation en Afghanistan.
Les contrats nucléaires anglais sont-ils une monnaie d'échange contre le maintien des troupes françaises en Afghanistan ?
Le député UMP des Yvelines Jacques Myard a évoqué qu'il avait des "doutes sérieux" sur le soutien de la France à un renforcement des troupes en Afghanistan.
"Plus les forces étrangères se subsistueront aux forces afghanes, plus elles renforceront la rébellion talibanique et s'aliéneront le soutien des populations. Cette décision apparaît à l'évidence comme un alignement atlantiste sur les positions américaines alors même que la politique étrangère de Washington est un échec total".
Enfin, sur l'Europe, Nicolas Sarkozy a déclaré à la Grande-Bretagne :"Moi je dis: mettez-vous à l'intérieur de l'Europe, on a besoin de vous, on a besoin de votre force, on a besoin de votre potentiel, on a besoin de votre dynamisme."
En apparence, ce discours est pro-européen, et appelle la Grande-Bretagne a faire des pas supplémentaires pour soutenir l'Europe politique.
Il ne faut cependant pas oublier que les britanniques exercent un lobbying autour de Bruxelles beaucoup plus fort
que les français. Pour de nombreux parlementaires français, le Parlement Européen a moins d'aura que l'Assemblée ou le Sénat.
La Grande-Bretagne a compris que le lobbying devait être exercé au niveau du Parlement Européen, ce qui n'est pas encore ancré dans l'esprit de nombreux politiques français.
Les paroles de Nicolas Sarkozy sont donc à contre-sens de la réalité. L'Angleterre est plus active que la France au niveau européen : et c'est bien pour cela que c'est la notion d'Europe des marchés qui domine, au détriment de l'Europe politique.
Si la France était plus dynamique pour soutenir l'Europe politique, l'Europe des citoyens, l'Europe des symboles, l'Europe ne serait pas vue en France comme une technostructure libérale.
Le Président Sarkozy semble donc confirmer un virage atlantiste dans la diplomatie française.
Virage qui, on l'espère, ne se pas synonyme d'alignement sur les positions américaines et anglo-saxonnes, sur des sujets comme la diplomatie, l'Iran ou l'Europe des marchés.
Thibault
17:13 Publié dans Vie politique | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : nicolas sarkozy, gordon brown, grande-bretagne
25.03.2008
Appel de députés de la majorité à plus de justice sociale
A droite, un certain nombre de députés appellent à plus de justice sociale dans le programme gouvernemental. Considérant que le paquet fiscal a entamé un certain nombre de marges de manoeuvres, des députés UMP et NC demandent une plus grande prise en compte des valeurs centristes dans les projets de Nicolas Sarkozy et de François Fillon.
Appel de députés de la majorité publié dans Les Echos, le 21 mars 2008
Les réformes sont indispensables, elles doivent être justes
Seule l'action réformatrice du gouvernement permettra à la France de retrouver le plein-emploi et de redonner aux Français confiance dans l'avenir. A l'issue des élections municipales, nous voulons et nous devons poursuivre les réformes, même les plus difficiles. Mais nous savons qu'elles ne seront acceptées et soutenues par les Français que si elles sont marquées du sceau de la justice. Comment et dans quel sens agir alors que nous sommes face à trois contraintes ?
- La contrainte de la dette et des déficits. Toute aggravation ruinerait la confiance en l'avenir et la solidarité à l'égard des jeunes générations. Dans le domaine des dépenses publiques, de nombreux redéploiements sont possibles et nécessaires.
- La contrainte liée à la forte progression des dépenses sociales.Dans une récente étude du CERC, il est démontré qu'au cours des quinze dernières années, l'accroissement du pouvoir d'achat s'est fait essentiellement par les prestations sociales, par le salaire différé plutôt que par le
salaire direct.
- La contrainte internationale, qui tire les classes moyennes vers le bas et les classes supérieures vers le haut, creusant les inégalités.
Face à ces trois contraintes, nous devons trouver un nouvel équilibre entre exigence d'efficacité et exigence de justice sociale.
Il nous faut améliorer le minimum vieillesse, les pensions de réversion et le pouvoir d'achat des salariés à bas revenus. Cela passe, non par des dépenses publiques supplémentaires, mais par un effort fiscal plus justement réparti. Le paquet fiscal, dont les mesures sont pour l'essentiel orientées vers les classes moyennes, doit être complété soit par un plafonnement des niches fiscales et sociales, soit par la mise en oeuvre d'un impôt minimum sur la dernière tranche d'imposition. Il ne s'agit pas de créer un nouvel impôt, mais de faire en sorte que l'empilement des niches en matière d'impôt sur le revenu ne puisse réduire ce dernier de plus de 60 %. En effet, les plus hauts revenus ne doivent pas pouvoir s'exonérer totalement de l'impôt. C'est un objectif de justice fiscale et sociale. Redéployer ainsi ces 800 millions d'euros vers les retraites les plus faibles et la prime pour l'emploi est donc non seulement possible mais nécessaire.
150.000 jeunes sortent du système scolaire sans le moindre diplôme, et particulièrement les jeunes des banlieues. Nous devons réformer profondément notre formation professionnelle qui est actuellement illisible, opaque et qui favorise la bureaucratie. Ses crédits, qui représentent plus de 20 milliards d'euros, doivent en partie être redéployés vers ceux qui sont les plus fragiles.
La réforme des retraites à venir doit être imprégnée de l'exigence de justice, comme elle le fut en 2003 en permettant à ceux qui ont commencé à travailler jeunes de partir plus tôt à la retraite. Le différentiel d'espérance de vie restant l'inégalité majeure de notre société, le travail posté, le travail de nuit, les métiers difficiles doivent être pris en compte lors du rendez-vous des retraites de 2008.
Les inégalités d'accès à la propriété ont été largement corrigées grâce aux mesures engagées par le gouvernement. Si nous voulons qu'elles jouent pleinement leur rôle, elles doivent être encore simplifiées. Par ailleurs, la rotation dans le parc HLM peut être fortement accrue grâce à
deux mesures applicables depuis le 1er janvier : la location accession et le pass foncier. Grâce à elles, il est aujourd'hui possible d'accéder à la propriété dans la majorité des villes et des zones rurales, avec des mensualités voisines de 550 euros par mois.
Nous soutenons la volonté de réforme du gouvernement, mais nous restons très vigilants vis-à-vis du contenu des réformes, qui ne peuvent se faire sans esprit de justice.
Les ouvriers et les employés, qui ont été les grands perdants des deux septennats de François Mitterrand, ont largement contribué à l'élection de Nicolas Sarkozy. Nous devons et nous pouvons répondre à leurs attentes. Mais la confusion trop facile entre socialisme et social impose à la droite et au centre un effort beaucoup plus important de pédagogie, avec des objectifs lisibles, mesurables, vérifiables.
C'est ainsi que nous répondrons au dilemme de toute société. Trouver le bon équilibre entre deux exigences : plus d'efficacité et davantage de justice.
Les députés signataires sont :
PIERRE MÉHAIGNERIE (UMP), Ille-et-Vilaine
JEAN-PAUL ANCIAUX (UMP), Saône-et-Loire
BENOIST APPARU (UMP), Marne
THIERRY BENOIT (NI), Ille-et-Vilaine
CLAUDE BIRRAUX (UMP), Haute-Savoie
EMILE BLESSIG (UMP), Bas-Rhin
MICHEL BOUVARD (UMP), Savoie
YVES BUR (UMP), Bas-Rhin
GÉRARD CHERPION (UMP), Vosges
JEAN-LOUIS CHRIST (UMP), Haut-Rhin
CHARLES DE COURSON (Nouveau Centre), Marne
MARC-PHILIPPE DAUBRESSE (UMP), Nord
PASCALE GRUNY (app. UMP), Aisne
LAURENT HÉNART (UMP), Meurthe-et-Moselle
ANTOINE HERTH (UMP), Bas-Rhin
ETIENNE PINTE (UMP), Yvelines
MICHEL PIRON (UMP), Maine-et-Loire
FRÉDÉRIC REISS (UMP), Bas-Rhin
JEAN-MARIE ROLLAND (UMP), Yonne
VALÉRIE ROSSO-DEBORD (UMP), Meurthe-et-Moselle
15:31 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : ump, assemblée nationale
24.03.2008
Municipales - le vide des idéologies politiques
Les municipales 2008 ont vu un véritable raz de marée à gauche, pour sanctionner l'action gouvernementale : Nicolas Sarkozy a été élu en 2007 sur les notions d'identité nationale, de pouvoir d'achat et de valeur travail.
La démonstrativité de Nicolas Sarkozy et son affichage de fastes ont véritablement affaibli son pouvoir et son programme politique. Le Président se stabilise à 37% d'opinions favorables dans les sondages, alors que le Premier Ministre Fillon survole les 58%.
Nationalement, aucun réel débat d'idées n'a été exprimé pendant ces élections.
Les municipales ont mis en exergue le vide idéologique de la droite et la gauche actuelles. Le MoDem de François Bayrou a tenté de sortir son épingle du jeu, en profitant de cette absence de programmes socialistes et conservateurs. Mais la manque de clarté du projet politique démocrate n'a pas réellement permis au parti centriste d'emprunter le boulevard politique qui s'offrait pourtant à lui.
A Paris, la droite et le centre n'ont pas été réellement capables de remettre en cause le bilan de Bertrand Delanoë, fort sur la prise de conscience écologique de la capitale, mais plus contestable sur le bilan économique et dans le logement.
Résultat, dans les grandes villes, ce sont les étiquettes politiques PS et UMP qui l'ont emporté sur les logiques de projets politiques - sauf peut-être à Lyon où Alain Juppé s'est démarqué de l'UMP en affichant un bilan indépendant politiquement -.
Et aujourd'hui ? Rien.
Le parti socialiste s'affiche vainqueur d'une élection locale, en se donnant l'illusion que la gauche plurielle est de retour. Mais les logiques de personnes y font toujours légion, et le PS n'a toujours pas résolu les questions idéologiques liées à l'économie de marché, à la mondialisation, à l'Europe, au modèle social et à la République française.
Pour preuve le programme de Laurent Fabius est "d'afficher un autre projet que celui de Ségolène Royal en 2007". Attaque ad hominem, sans fond, non attachée à des divergences idéologiques.
A droite, l'incertitude domine. Jean-Pierre Raffarin alerte une UMP qui s'axe trop sur son flanc droit, et perd ses relations avec son centre-droit. Les radicaux et les gaullistes commencent à exprimer des voix divergentes : François Baroin, député-maire de Troyes, a appelé l'UMP à faire entendre une voix "qui soit sur ses valeurs gaullistes, sociales, républicaines, et non une voix qui se résume aux problèmes des Hauts-de-
Seine."
En bref, apès dix mois d'agitations présidentielles, on ne comprend pas l'axe politique vers lequel se dirige la France. Entre un PS obsédé par le congrès de novembre prochain , l'UMP tiraillée entre son centre-droit et sa droite ferme, représentée par Nadine Morano ou Yves Jégo, et un MoDem qui n'est pas parvenu à pleinement convertir l'essai aux municipales, la politique française est en plein statu quo.
Nul doute que les prochaines semaines seront agitées.
Thibault
16:32 Publié dans Municipales 2008 | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
21.03.2008
Mairie de Paris - Bertrand Delanoë et les 36 mercenaires
Bertrand Delanoë a été réélu Maire de Paris, par 98 voix sur 163 conseillers de Paris, et disposera pour sa nouvelle mandature de 36 adjoints au lieu de 33.
Anne Hidalgo, tête de liste du 15è, reste première adjointe. Elle est chargée également de l'urbanisme et de l'architecture, fonction qu'occupait le nouveau président du groupe PS Jean-Pierre Caffet.
L'équipe de Bertrand Delanoë est constituée de 18 hommes et 18 femmes parmi lesquelles 23 nouvelles adjointes, comme Seybah Dagoma,
d'origine tchadienne, qui s'occupera de l'économie sociale et solidaire ou la réalisatrice Yamina Benguigui (apparentée PS), chargée des droits de l'homme et de la lutte contre les discriminations.
Bruno Julliard sera à la jeunesse, George Sarre à la sécurité et Denis Baupin au développement durable
Les alliés du PS perdent de l'influence dans l'union de la gauche : le nombre d'adjoints verts passent de 7 à 4. Il reste 3 PCF au lieu de 4, 2 MRC (idem), 1 PRG (idem), 26 PS ou apparentés (contre 19). «C'est une équipe diverse, rajeunie, avec plusieurs personnes de moins de 30 ans», déclare Bertrand Delanoë.
Le candidat des Verts, Denis Baupin, passe au développement durable, à l'environnement et au plan climat. Il est remplacé pour les transports par Annick Lepetit (PS), tandis qu'Yves Contassot (Verts), qui était chargé de l'environnement, n'est plus adjoint. Bernard Gaudillère (PS), ancien directeur du cabinet de Bertrand Delanoë, est chargé du budget, des finances et du suivi des sociétés, en remplacement de Christian Sautter (PS), qui passe à l'emploi.
Pierre Mansat (PCF) reste chargé de «Paris métropole» et des relations avec les collectivités territoriales d'Ile-de-France. L'ancien président de l'Unef Bruno Julliard (apparenté PS), 26 ans, est chargé de la jeunesse. L'ancien maire MRC du 11e arrondissement Georges Sarre est chargé de la sécurité et de la prévention.
Parmi les nouveaux adjoints, figure le député PS strauss-kahnien Jean-Marie Le Guen, chargé de la santé publique et de l'Assistance publique des hôpitaux de Paris ou encore le sociologue Jean-Louis Missika, chargé de l'innovation, de la recherche et des universités. Jean-Yves Mano (PS) reste chargé du logement et Lyne Cohen-Solal (PS) du commerce et de l'artisanat.
Alors que Bertrand Delanoë apparaît comme candidat sérieux au poste de Premier Secrétaire du PS, l'équipe constituée préfigure sa vision au Congrès du PS : une union de la gauche, autour d'un parti socialiste puissant. Auquel pourront se greffer la gauche marxiste, et le centre, sous l'égide du Mouvement Démocrate.
Jean-Paul Huchon, Président du Conseil Régional d'Ile de France, souhaite d'ailleurs que le PS abadonne sa doctrine marxiste .
Le discours de Bertrand Delanoë :
"Mes chers collègues,
En cet instant où s’ouvre un nouveau temps démocratique pour notre ville, je veux tout simplement dire merci, à vous tous, et, à travers vous, aux Parisiens
dont vous êtes les représentants. La mission qui nous incombe est considérable mais nous honorerons la parole donnée : Paris prendra un temps d’avance.
Avant d’aller plus loin, je tiens à dire à Pierre-Christian Taittinger, mon estime et mon amitié : je suis heureux que cette séance, si particulière, soit présidée par un homme qui incarne parfaitement l’élégance de comportement, l’ouverture d’esprit, et une haute idée de l’intérêt général.
Permettez-moi aussi d’exprimer mon respect à Madame de Panafieu, avec qui, tout au long de cette campagne, nous avons fait vivre un débat pluraliste. Et je salue Madame de Sarnez, dont la démarche et les convictions enrichiront légitimement notre travail collectif.
Dimanche dernier, à travers leur vote, les Parisiens ont choisi, en toute clarté, un projet. Il sera mis en oeuvre. L’équipe que j’animerai a une feuille de route : tenir nos engagements, mais aussi inventer, innover. Pour y parvenir, la compétence et l’énergie des agents de l’administration parisienne demeureront des atouts essentiels : en notre nom à tous, je leur rends hommage pour leur dévouement au service des Parisiens.
Aujourd’hui, nous abordons une étape inédite, avec une majorité cohérente, renouvelée, et déterminée à considérer la confiance des citoyens, non pas comme un privilège, mais comme un honneur et comme la source d’un devoir. Je suis heureux et fier de travailler avec cette majorité. Pour ma part, je serai le maire de tous les Parisiens, à l’écoute de leur diversité, attentif à leur unité.
Cette unité de Paris, elle porte d’abord un nom : la solidarité, qui sera au cœur de notre dynamique. Cela commence par le logement, notre priorité. Nous financerons 40.000 logements sociaux, dont un tiers sera destiné aux classes moyennes. Avec six ans d’avance, nous atteindrons donc, dès 2014, le seuil des 20% fixé par la loi.
En trois ans, l’éradication du logement insalubre sera achevée. 4.000 nouveaux logements étudiants et 3.000 places supplémentaires en foyers de jeunes salariés seront réalisés. Quant au système public d’aide à la caution destiné notamment aux jeunes ménages, il doit devenir une réalité dans les meilleurs délais.
Toute notre politique de solidarité sera évaluée régulièrement, sous l’autorité du délégué de la Fondation Abbé Pierre, Patrick Doutreligne, que je remercie d’avoir accepté, en toute indépendance, ce rôle d’observateur attentif et exigeant de nos actes.
Nous voulons une ville où personne ne puisse se sentir exclu pour ce qu’il est ou ce qu’il pense.
Une ville sûre, pour toutes les générations, où, d’un bout à l’autre de la vie, chacun se sente chez lui. Une ville où les énergies individuelles stimulent l’inspiration collective. C’est pourquoi nous faisons le pari de l’intelligence et de la créativité.
En investissant un milliard d’euros dans l’innovation, la recherche et l’Université, nous mobiliserons les forces indispensables pour gagner à la fois la bataille de l’emploi et celle du développement durable. Car ces deux combats ne sont pas dissociables. L’ambition économique et le respect de l’environnement sont deux défis du temps présent, intimement liés par l’ampleur des réponses qu’ils exigent.
Paris, capitale engagée sur la scène internationale, tiendra sa place dans la compétition entre les métropoles.
Pour épauler les entreprises, nous atteindrons les 100 000m2 de pépinières et d’incubateurs dans les six ans, et nous aurons, dès 2012, équipé toute notre ville en très haut débit.
Dans le même temps nous développerons le recours aux énergies propres en installant 200.000 m2 de panneaux photovoltaïques et en réalisant plusieurs éco-quartiers.
Nous amplifierons également l’offre des déplacements, plus performante, plus diverse, avec notamment l’extension du tramway, des progrès sensibles pour le service du métro et des bus, les navettes fluviales ou Autolib’.
Ce « temps d’avance » que nous voulons donner à Paris implique une ardente ambition culturelle. Paris est un joyau, et quand on hérite d’un joyau, on a pour première mission de le conserver, je veux dire de préserver un patrimoine unique.
Mais nous sommes également investis du devoir de léguer aux générations futures le patrimoine nouveau dont nous favoriserons l’émergence.
Oui, le mandat qui commence portera cette signature : le soutien inlassable aux forces de la création. Avec la Fête des mots, par exemple, c’est la langue française qui sera célébrée : cette langue qui semble avoir la vertu presque magique de conférer toujours plus de beauté à ce qu’elle désigne.
Et nous visons un autre objectif, qui est au cœur des valeurs de Paris : donner aux enfants le goût de l’art. Dans cet esprit, nous créerons 3.000 nouvelles places en conservatoire.
Ce souci de la beauté et du sens, nous l’appliquerons aussi au visage de Paris.
On ne touche qu’avec la plus grande prudence à la forme et à l’équilibre d’une ville millénaire. Mais on ne définit pas une politique d’urbanisme par la seule préservation du passé.
Aussi, je vous le dis : dans six ans, Paris aura changé.
Et puis la couronne cessera d’être une frontière, pour devenir un lieu à part entière de notre dynamique urbaine. Les portes seront des places au vrai sens du terme.
Et nous ne refuserons aucun débat sur les choix décisifs pour l’harmonie de notre ville. Pas même sur l’enjeu des hauteurs. Pour aménager les friches urbaines, pour faire émerger une architecture élégante et innovante, nous ferons vivre le pluralisme des idées et des inspirations.
La concertation sera active, les citoyens seront associés, sur ce sujet comme sur tant d’autres. Car ensemble, nous irons plus loin dans l’exploration du champ de la démocratie locale. En renforçant les moyens des maires d’arrondissements.
En donnant à 5% des habitants la possibilité d’inscrire un sujet à l’ordre du jour des Conseils d’arrondissements ou du Conseil de Paris.
Ou en confiant la présidence d’une commission à chaque sensibilité politique au sein de notre assemblée.
Tous ces défis, mes chers collègues, nous ne les relèverons pas seuls. Dès 2001, nous avons voulu en finir avec cette capitale enfermée dans ses frontières, se protégeant de ses voisins au lieu de s’ouvrir à eux.
Pour la première fois depuis des décennies la municipalité parisienne a entamé un dialogue avec les collectivités limitrophes. Ces liens renoués, ces partenariats établis, ce goût de l’échange restauré, il nous appartient désormais de franchir un nouveau cap.
Le temps est venu de créer Paris métropole, véritable institution de l’agglomération, où s’exprimera, à cette échelle, la solidarité, y compris fiscale. Bien entendu, la région Ile de France sera au cœur du processus. Et nous travaillerons avec l’Etat, animés d’une seule préoccupation : agir utilement pour la vie quotidienne des habitants et des usagers, ces millions de femmes et d’hommes qui attendent des choix ambitieux, des actes clairs, indépendamment de toute autre considération.
Je m’adresse donc aujourd’hui, au-delà de leurs différences politiques, à tous nos collègues qui viennent d’être élus ou réélus à la tête des collectivités de l’agglomération : engageons rapidement une démarche commune pour définir une méthode et un calendrier.
» Avant de conclure, comment ne pas songer à l’Histoire, à sa rigueur, à sa noblesse ? Je pense à Paris, et aux sentiments que cette ville universelle inspire aux amoureux de la liberté. Je pense à une femme, immense, meurtrie et persécutée, dont le portrait est exposé sur l’esplanade de l’Hôtel de Ville, comme le symbole d’une humanité blessée. Paris aime Ingrid Betancourt.
Elle est présente dans nos coeurs, où elle côtoie un espoir intact.
Mais, pourquoi le nier, s’y installe également cette colère qui naît toujours de l’inacceptable, quelles qu’en soient les formes.
Animé du même espoir et de la même colère, je veux aussi, au nom de Paris, assurer de notre solidarité le grand peuple tibétain.
Face au silence glacial d’un monde indifférent, il mène une lutte inégale contre l’oppression, pour son droit inaliénable à la dignité et à l’existence. Nous sommes à ses côtés.
Prononçant ces mots, je pense au legs de notre ville, à ses combats, à son message, qui est aux antipodes de la soumission ou du renoncement.
Je pense au passé, à l’avenir et à ce moment singulier où ils se rencontrent, quand les espérances deviennent projets, quand les projets se transforment en actes.
Pour que les valeurs de Paris fassent toujours écho à ce qui est civilisé, à ce qui porte la vie, nous devons travailler, avec acharnement.
Maintenant, ensemble.»
Thibault
19.03.2008
Nicolas Sarkozy et les réformes - De la surdité présidentielle
Le Président Sarkozy a réaffirmé que la meilleure réponse à "l'impatience" exprimée par les Français aux élections municipales était de "tout faire pour mettre en oeuvre la masse critique des réformes".
"Au plan national, ces élections ont exprimé une attente, une impatience, une interrogation aussi sur la possibilité que les engagements de la campagne présidentielle puissent être tenus dans une conjoncture que chacun perçoit comme plus difficile. (...) La plus mauvaise réponse serait de ralentir le changement. De se résigner à ne pas tenir tous les engagements pris. Il faut au contraire tout faire pour mettre en oeuvre la masse critique des réformes".
Nicolas Sarkozy a assigné aux 38 ministres et secrétaires d'état une feuille de route pour 2008 axée sur quatre priorités : travail, compétitivité, modernisation de l'Etat et maîtrise des finances publiques, "concilier solidarité et responsabilité en matière de retraites, de prise en charge de la dépendance et de la santé".
Les autres chantiers sont l'éducation (réforme de l'école primaire, du lycée, rénovation des campus universitaires, réforme de la recherche), la sécurité (loi de programmation militaire, loi d'orientation et de programmation de la sécurité intérieure), l'immigration (mise en oeuvre de la politique des quotas, suppression de la double compétence juridictionnelle).
"Je n'oublie pas bien sûr la réforme de notre Constitution".
Apparemment le Président reste sourd aux signaux des français suite à ces élections municipales. Mécontents à 63% de la politique économique actuelle, les français ont bien un désaccord de fond avec Nicolas Sarkozy.
Obstiné dans sa volonté de réformer la constitution et de parachever un toilettage intégral du modèle social français, Nicolas Sarkozy prend des décisions à rebours des attentes des citoyens.
Nul doute que l'assemblée et la rue risquent de s'agiter assez prochainement.
Thibault
"Vous devez y mettre toute votre énergie. Etre membre d'un gouvernement, c'est mettre pour un temps de côté ses ambitions personnelles, son bien-être, ses aspirations pour se consacrer entièrement au service des Français." Nicolas Sarkozy, 19 Mars 2008
13:27 Publié dans Vie politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : nicolas sarkozy, gouvernement, remaniement
18.03.2008
Paris, les municipales, les secrétaires d'Etat et le Président sourd
La bataille parisienne a été intense. L'occasion de faire un break un jour, pour prendre un peu de recul, et le temps d'analyser.
Un résultat clair : Bertrand Delanoë est sorti vainqueur du deuxième tour des élections municipales avec 58% des voix, avec l'aide d'une coalition
PC-PS-PRG-Verts.
De tradition jospiniste, Bertrand Delanoë a préféré s'axer sur la classique et néanmoins dépassée "union de la gauche", plutôt que de tendre la main à la sociale-démocratie et au centre. Pour des questions de politiques internes, et de volonté de prendre le leadership sur le congrès du PS, le maire de Paris socialiste a fermé la porte à une grande alliance centre-gauche à Paris - proposition politique défendue par Ségolène Royal -.
On assiste à une nette avancée du vote des "élites de gauche" à Paris. Appelées également "bobos", les élites de gauche sont issues des classes supérieures de l'éducation, des professions libérales, de l'administration publique et de l'entreprise. Le coeur à gauche, la raison pratique à droite.
Le vote "bobo" peut, d'une certaine manière, être considéré comme une forme de réussite locale du libéralisme : y voir un libéralisme, créateur de richesses, mais aussi créateur de conscience sociale.
Au centre, le Mouvement Démocrate atteint 9% des voix. Score honorable, mais qui pâtit sans doute d'un manque de clarté de la ligne politique du parti à Paris. Le parti centriste a porté Marielle de Sarnez au Conseil de Paris avec 14,5% au second tour dans le 14è, contre le socialiste - et fabiusien - Pierre Castagnou.
La droite, à Paris comme au niveau national, sort affaiblie de ces élections. La mise en perspective nationale des élections municipales, accordées à l'affaiblissement de la fonction présidentielle incarnée par Nicolas Sarkozy, a eu un impact fort sur la capitale, comme dans les régions où une quarantaine de villes de plus de 30.000 habitants ont basculé à gauche.
Il y a donc bien eu une notion de "vote sanction" contre la politique du gouvernement, oublieuse des promesses de pouvoir d'achat, et mettant
en exergue une confusion entre les discours religieux et politique.
On attendait des gestes élyséens en réaction à la défaite de l'UMP à Paris.
Aujourd'hui, six secrétariats d'Etat ont été créés par le Président (oubliée donc la promesse de nombre de maroquins réduit) :
Hubert Falco, secrétaire d'Etat à l'aménagement du territoire,
Christian Blanc, secrétaire d'Etat chargé du développement de la "Région Capitale",
Anne-Marie Idrac, secrétaire d'Etat au commerce extérieur,
Yves Jégo, secrétaire d'Etat à l'outre-mer,
Nadine Morano, secrétaire d'Etat à la famille,
Alain Joyandet, secrétaire d'Etat à la coopération et la francophonie.
Luc Chatel est désigné porte-parole du gouvernement.
Les centristes Christian Blanc et Anne-Marie Idrac annoncent certes une volonté d'adoucissement et de tempérance gouvernementale.
Cependant, la présence d'Yves Jégo et de Nadine Morano, qui a échoué à Toul aux municipales, laisse présager d'un tour de vis à droite de la politique gouvernementale. En effet, ils ont récemment défrayé la chronique par la violence de leurs attaques politiques.
Les élections à peine passées, l'Elysée semble redonner des messages politiques contradictoires.
Nicolas Sarkozy donne actuellement l'impression de faire la sourde oreille à l'appel à la modération que les citoyens demandent.
Thibault


