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18.05.2008

Construction du centre démocrate et éclatement des centres

L'élection présidentielle de 2007 a montré une tendance politique forte en France. Les citoyens français ont plaidé pour un aspect raisonné de la politique, pour une approché modérée et tempérée du projet national, en votant à 18% au premier tour pour le candidat François Bayrou.

En lançant le Mouvement Démocrate, sur les racines de l'UDF et de Cap21, François Bayrou a souhaité capitaliser sur cet engouement citoyen 1138751273.jpgen confirmation le souhait d'une force de "centre démocrate" libre et indépendante.
Cet espace électoral existe en France. C'est une évidence.

Les institutions actuelles de la Vè République favorisent le simplisme politique, à travers le scrutin majoritaire à deux tours. Tout parti politique est contraint, pour exister politiquement, de s'allier à gauche ou à droite pour exister à l'Assemblée Nationale.

Le défi pour les partis petits et moyens est alors de parvenir à avoir une réelle identité politique, tout en soutenant un des deux grands partis, le PS et l'UMP.
Malgré un score très important au premier tour de l'élection présidentielle, François Bayrou n'est parvenu qu'à obtenir quatre sièges de députés, avec une stratégie de totale autonomie.

Le mode de scrutin actuel des élections législatives n'est pas juste. Mais il est comme cela. 

Une dose de proportionnelle (de 10% à 20%) à l'Assemblée permettrait à des forces politiques secondaires d'exister, sans avoir besoin de s'allier nécessairemment, ce qui permettrait une représentation a minima des différentes sensibilités politiques. Ainsi le centre et les extrêmes pourraient-778897084.jpgils être représentés. Ce qui aurait une réelle pertinence de représentation politique.
La question de la proportionnelle est au coeur du débat actuel sur les institutions. Si le NC a réussi à imposer au gouvernement la constitutionnalisation des budgets publics de fonctionnement sans déficit, il apparaît cependant que la perspective d'une dose de proportionnelle aux législatives pourrait s'éloigner .

On observe actuellement que la galaxie des centres est éclatée en une multitude de partis. Ces derniers, libéraux et sociaux, européens, diffèrent principalement par leur stratégie électorale.

Déjà le Parti Radical porte une scission depuis 1972, où les radicaux de gauche ont choisi de soutenir l'unité de la gauche de François Mitterrand au Congrès d'Epinay, et où les radicaux valoisiens ont choisi de soutenir la droite.
Ce week-end, au congrès du PRG qui confirmait Jean-Michel Baylet à sa présidence, le parti semblait hésiter 807387421.jpgentre une ouverture vers le centre et la classique orientation vers la gauche. Ce qui démontre qu'il existe des vélléités pour le PRG de se rapprocher vers le centre. Ces projets pourraient peut-être voir une première concrétisation aux élections européennes de 2009.

Aujourd'hui, le Mouvement Démocrate poursuit une stratégie d'indépendance politique. Qui s'est manifestée par des alliances à la carte aux élections municipales. Stratégie qui a du sens afin de faire éclater les clivages classiques gauche-droite, mais qui n'a pas été bien comprise par les concitoyens français.

Au centre-droit, le Nouveau Centre, qui a soutenu l'action du gouvernement depuis le printemps 2007, essaie de proposer une offre politique alternative. Au Congrès de Nîmes du 16-17 mai , Jean-Christophe Lagarde et Valérie Létard  ont plaidé pour une prise d'indépendance plus ferme de leur parti, en militant pour une unité des centres.
Jean Arthuis et l'Union Centriste-UDF au Sénat souhaitent de leur côté faire "renaître l'UDF".

En résumé, la reconstruction du "centre démocrate" semble possible. L'action politique doit désormais prendre le relai.

Les centres sont éclatés, situation issue de la grande prise de risque politique de François Bayrou au mois d'avril 2007. Risque politique consenti qui a permis de faire bouger les lignes.
L'existence de partis comme Gauche Moderne ou les Progressistes atteste bien de la rénovation actuelle 1039698501.jpgde l'échiquier politique.

L'enjeu de demain, c'est de réussir l'unification des tous ces centres. Elle passera par des alliances aux échéances électorales pour les europennées de 2009. Certains plaident pour des listes "centristes-radicales-démocrates". Ce qui aurait un vrai sens politique.
A terme, les radicaux de gauche et les valoisiens, les démocrates, les centristes, les progressistes d'Eric Besson et la Gauche Moderne de Jean-Marie Bockel pourraient construire un pôle d'un "centre démocrate", nouvelle force politique magnétique.

Cette vision de la démocratie sociale doit passer par une grande ouverture d'esprit et une volonté politique de voir le "projet du centre démocrate" émerger.

Thibault