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08.04.2008

Nicolas Sarkozy et la diplomatie atlantiste - Vers une rupture de l'ouverture ?

Aujourd'hui, à l'Assemblée nationale, la gauche défend à l'Assemblée la première motion de censure  du quinquennat de Nicolas Sarkozy. Suite à ses déclarations en Grande-Bretagne et en Roumanie, Nicolas Sarkozy affiche une politique étrangère résolument atlantiste, tournée vers l'OTAN, le rapprochement avec l'idéologie anglo-saxonne et donc l'Europe des marchés.

115699812.jpgLa gauche souhaite afficher un désaccord plein et entier sur la diplomatie de Nicolas Sarkozy, en rupture avec la diplomatie autonome, conquise par le Général de Gaulle en 1966.
Christelle Carcone évoque également ce sujet.

Les élus socialistes et apparentés, rejoints par leurs collègues communistes et verts, peuvent en effet compter sur 225 voix sur 577 pour appuyer leur motion de censure, et peut-être sur l'appui des centristes de François Bayrou.
[EDIT] Finalement à 17h, François Bayrou a décidé de ne pas soutenir la motion de censure, laquelle contient trop d'élements divergents.

"(Cette rupture diplomatique) est un vrai tournant, il faut alerter les Français sur cette rupture stratégique de la France", assure le chef de file des députés PS, Jean-Marc Ayrault.

Selon deux sondages récents, l'opinion est déjà majoritairement opposée à un tel renforcement français. Dans la tribune gaulliste et souverainiste de l'UMP et au sein du Nouveau Centre, cette diplomatie n'est pas totalement acceptée non plus. Car en rupture avec la volonté d'affirmation de l'indépendance et de l'universalité françaises.

La politique de Défense, soutenue le socialiste Bernard Kouchner et le néo-centriste Hervé Morin, assure d'une "ouverture" politique sur ces sujets.
Mais elle n'est pas entièrement acceptée sur les bancs de leurs partis.

De surcroît, la députée PS Patricia Adam et le sénateur PS Didier Boulaud ont annoncé aujourd'hui leur démission  de la commission du Livre blanc sur la défense estimant que cette commission "ne sert que de chambre d'enregistrement des décisions" de Nicolas Sarkozy.

Le Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale, qui doit fixer la politique de la France en la matière pour les quinze années à venir, sera 1851729196.jpgprésenté le 19 mai aux parlementaires par le Premier ministre François Fillon et le ministre de la Défense Hervé Morin.
Il pourra inclure notamment "le retour dans le commandement intégré de l'Otan, l'envoi de renforts en Afghanistan, la création d'une base navale française permanente à Abu Dhabi, la réforme des services de renseignement, le rattachement de la gendarmerie au ministère de l'Intérieur et la modification des implantations territoriales des unités".

Mme Adam et M. Boulaud refusent "cette parodie de concertation qui consiste à faire endosser par la commission des décisions prises unilatéralement" et ne veulent pas "cautionner la rupture engagée par le chef de l'Etat avec le consensus national sur les questions stratégiques et de défense. La refonte de notre outil militaire, son alignement atlantiste conduiront à l'affaiblissement de l'autonomie de décision de la France."

Si une attitude de Real Politik est parfois nécessaire, un alignement politique assumé sur la diplomatie américaine n'est en revanche pas conforme à l'indépendance française.

Nul doute que cette rupture de la diplomatie étrangère aura des répercussions au sein des appareils politiques.
La majorité présidentielle peut-elle rester entièrement unie face à ce projet diplomatique ?
Lionnel Luca, député UMP, explique par exemple ses divergences sur le projet atlantiste du Président Sarkozy. 

Thibault

Commentaires

il y a un problème de fond dans la position actuelle du président de la République, il existe un véritable risque de remise en cause l'indépendance militaire de la France.
La démission des 2 députés socialistes prouve les limites de la fameuse "ouverture", prendre les gens pour des "godillots" et être considérés comme une simple chambre d'enregistrement ne passe pas. Le livre blanc qui devait être publié en mars, le sera finalement qu'en juin. La réforme des armées va également subir un "dégraissage" estimé à 50 000 hommes. A suivre donc.

Ecrit par : Christelle | 09.04.2008

Bonjour Christelle,
Si le soutien de nos américains peut être justifié par l'apport de 700 hommes en Afghanistan, l'atlantisation assumée de la diplomatie est une autre affaire.

Le projet présenté est donc non "de droite", mais "conservateur".

Ecrit par : Thibault | 09.04.2008

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