« 2007-09 | Page d'accueil
| 2007-11 »
31.10.2007
La Garde des Sceaux Rachida Dati en difficulté
La peopolisation de la politique, le volontarisme de façade et la gesticulation médiatique, semblent connaître leurs limites. Depuis près de six mois que Nicolas Sarkozy est chef de l'état français, les citoyens français commencent à attendre des résultats concrets.
Cependant, à part
- des cadeaux fiscaux de 15 milliards d'euros à 200.000 ménages favorisés,
- des amendements droitiers démagogiques sur le fichage ADN de certains immigrés ou l'hypothétique renforcement des lois contre les chiens dangeureux,
- des projets de loi de connivences avec les copains du Nouveau Centre sur le financement de partis ,
- la mise en place d'une commission fantoche pour augmenter les pouvoirs présidentiels,
le Président Sarkozy semble avoir un bilan un peu creux vis-à-vis du citoyen français moyen.
En terme de justice, Nicolas Sarkozy poursuit sa quête idéologique - et critiquée au sein même de l'UMP - de désengagement de crédits publics.
Le président Sarkozy joue actuellement une grande partie de sa crédibilité en envoyant au charbon son emblème d'intégration politique, la Garde des Sceaux, Rachida Dati. Adepte de la discrimination positive et de l'appui politique sur des lobbies communautaires, Nicolas Sarkozy souhaite démontrer la crédibilité de sa vision de la république à la française, une république élastique et de quotas.
Si Rachida Dati réussit sa mission de provoquer l'allégeance (au moins médiatique) du monde de la justice à l'exécutif, Nicolas Sarkozy aura réussi son pari de montrer l'efficacité d'une république volontariste et anglo-saxonne, fondée sur les valeurs du travail et de l'intégration à la manière libérale.
L'élection municipale de 2008 est pour Rachida Dati un moyen de confirmer sa réussite politico-médiatique.
Rachida Dati a déclaré tout récemment être intéressée par la Mairie du VIIè arrondissement. Elle ne prend d'ailleurs pas beaucoup
de risques à se présenter à cette Mairie, puisque Nicolas Sarkozy y a réalisé le score sans appel de 74,7% au second tour de l'élection présidentielle. Se présenter dans le 20è, où le président a réalisé le score de 35,3% aurait sucité un peu plus de challenge...
Depuis quelques jours, des couacs entourent l'aura médiatique de la Garde des Sceaux. Plusieurs affaires médiatiques sont actuellement en train de voiler son image.
Telle Ségolène Royal pendant la campagne présidentielle, elle se pose actuellement en victime contre ceux qui l'attaquent contre "ses orgines".
Le Canard Enchaîné a dévoilé cette semaine un extrait du curriculum vitae qui figure au dossier administratif de Rachida Dati. Un CV qui indique, pour l’année 1993, «M.B.A. du groupe H.E.C.» avec la mention «ancienne élève de l’Institut supérieur des affaires». En réalité, comme L’Express l’a révélé, la Garde Sceaux n’a jamais obtenu le diplôme. Rachida Dati l’a d’ailleurs confirmé, tout en soulignant qu’elle n’a jamais prétendu l’avoir.
(Libération) Le «Canard» écrit que «le document a provoqué un véritable branle-bas de combat au ministère de la Justice», provoquant le coup de fil du porte-parole du ministère. Il a expliqué au journal que «la formule ancien élève de l’Institut supérieur des affaires signifiait clairement qu’elle n’avait pas
obtenu le diplôme final». Le Canard Enchaîné se demande alors pourquoi mentionner «M.B.A du groupe H.E.C.», soulignant «l’ambiguïté» cultivée par la ministre.
Une ministre qui s’est elle-même fendue d’un coup de fil au «Canard» pour lui reprocher de s’intéresser à son parcours en raison de ses origines. Et le journal de répondre «refrain connu. Seule solution, ne parler de la ministre qu’en termes élogieux et pratiquer la discrimination ministérielle positive.»
La question de ce «faux diplôme» n’est pas anodine. Il aurait facilité l’entrée en 1996 de Rachida Dati à l’Ecole normale de la magistrature, qu’elle a intégrée par la voie parallèle ouverte au personnes ayant déjà connu une expérience professionnelle.
Rachida Dati, qui nie les accusations, compte bien donner sa vérité dans le livre "Je vous fais juge", qu’elle doit publier prochainement. «Je corrige quelques rumeurs ou des choses qui sont fausses. Je corrige des incorrections. Quand on parle de faux diplômes, il faut une matérialité», s’est elle défendue mardi sur Europe 1. C’était avant la publication de son CV."
En bref, la panique guette...
Sur le fond des dossiers du gouvernement, la tension monte entre Rachida Dati et la magistrature. Les relations entre Rachida Dati et la magistrature s'enveniment en raison d'un double conflit sur la carte judiciaire et les mutations de procureurs.
(Le Monde) La Garde des Sceaux, première Française d'origine maghrébine nommée dans un ministère régalien, emblème de "l'ouverture" voulue par Nicolas Sarkozy, maintient contre vents et marées ses projets controversés. Quasi-constante depuis son arrivée place Vendôme, la tension avec les juges a monté d'un cran avec l'annonce lundi d'une grève du monde judiciaire, démarche rarissime dans ce corps, qui devrait rassembler magistrats, personnels de justice et sans doute avocats le 29 novembre. La protestation contre la réforme de la carte judiciaire enfle à droite, à gauche et dans les palais de justice au fur et à mesure que la ministre égrène les annonces de fermeture de tribunaux au long d'un "tour de France" des juridictions.
Les opposants à la réforme contestent toute logique à ces "coups de gomme" sur la carte judiciaire qui, selon eux, ne résoudront pas les dysfonctionnements d'un système qui est, relativement à la richesse nationale, le plus pauvre en crédits en Europe. Sur Europe 1 mardi, Rachida Dati a maintenu qu'elle mènerait à bien avant les élections municipales
le dossier, qui devrait aboutir à la suppression d'environ 200 tribunaux d'instance et d'une vingtaine de tribunaux de grande instance.
"La réforme de la carte judiciaire, tout le monde est d'accord pour la faire. La justice ne peut pas fonctionner comme elle fonctionnait en 1958", a-t-elle prononcé, dans un habituel ton populiste. Ton en décalage avec la réalité d'un ministère sans crédits et sans moyens, et que l'on accuse hypocritement de laxisme et d'inefficacité.
Autre pomme de discorde, le projet de mutation du procureur général d'Agen, Bernard Blais, à la Cour de cassation, est maintenu par la ministre malgré l'avis défavorable rendu lundi par le Conseil supérieur de la magistrature (CSM), l'opposition de l'intéressé et des syndicats de magistrats.
"Il est important de renouveler les postes de haute responsabilité et puis de féminiser", a-t-elle précisé, dans un nouveau discours jusqu'au-boutiste. Bernard Blais, à huit mois de la retraite, refuse son déplacement forcé. Il va saisir le Conseil d'Etat.
Les syndicats de magistrats estiment que la démarche du Garde des Sceaux est illégale au regard notamment du statut général d'indépendance de la magistrature. Par ailleurs, selon eux, les procureurs généraux, s'ils sont nommés en conseil des ministres, ne peuvent être déplacés de force que "dans l'intérêt du service", et non pour des raisons idéologiques de prise de pouvoir de l'exécutif sur le judiciaire.

D'autres projets de réforme entretiennent également le contentieux entre les juges et la place Vendôme, notamment celui qui entend permettre la comparution en justice des malades psychiatriques et celui qui veut rendre possible un enfermement à vie après la prison pour les criminels les plus graves.
En résumé, le crédit de Rachida Dati, Garde des Sceaux, et super-procureur de la république, semble bien entamé.
Elle compte sur l'élection municipale parisienne pour se relancer et pouvoir aborder des réformes pénales plus restrictives.... ou plus "modernes", dirait-on dans les médias de la sarkozie.
Thibault
17:00 Publié dans Justice et libertés | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : bayrou, modem, démocrates, sarnez, paris, dati, justice
25.10.2007
Vifs échanges à l'Assemblée entre François Bayrou et le Nouveau Centre
Alors que le MoDem est un parti qui a une importante base de militants impliqués et passionnés, avec des moyens financiers modestes, le Nouveau Centre apparaît comme un parti avec des élus certes - issus de leur courageux ralliement à Nicolas Sarkozy le 23 avril dernier, - mais un parti sans militant ni financements.
Alors qu'il vante aujourd'hui l'ouverture de son nouveau siège 84, rue de Grenelle, dans le VIIè à Paris, le NC a proposé, à l'Assemblée, en urgence, une nouvelle loi de financement des partis politiques.
Cette loi sur mesure, nommée "Pluralisme et indépendance des partis politiques", permettrait à tout parti ayant plus de 15 députés à l'assemblée de faire l'objet d'un financement public. "Il ne s'agit pas de changer les règles mais de permettre que le pluralisme soit garanti et le financement assuré pour des partis politiques représentatifs et qui contribuent à la
vie démocratique française", a expliqué François Sauvadet, président du groupe NC à l'Assemblée.
Le NC n'a pas obtenu de financement public après les législatives de juin dernier, car il n'a pas répondu au critère de plus de 1% des voix dans 50 des 577 circonscriptions. Malgré la candidature du chauffeur et de la femme d'Hervé Morin aux législatives, le NC n'est pas parvenu à obtenir de financement public, et souhaite désormais changer, de manière rétroactive, les règles du jeu afin de pouvoir financer son activité politique.
Si ce projet a obtenu le puissant aval du PC, le PS et le Mouvement Démocrate de François Bayrou ont dénoncé une "magouille", une "manipulation dans l'intérêt d'un groupement". Alors que même certains députés UMP ont fait la moue devant ce projet, en vogue dans une "république de petits copains", François Bayrou a proposé une motion d'exception d'irrecevabilité contre le texte NC. "C'est la première fois depuis que la Ve République existe qu'on voudrait voter une loi pour le bénéfice matériel et financier d'un parti politique qui n'a pas réussi à obtenir les voix nécessaires", a-t-il précisé. "Les lois ad hominem sont interdites!".
Les échanges ont alors été vifs entre François Bayrou et les députés du Nouveau Centre. "A cet instant, je regarde dans les yeux ceux qui, avec moi, ont dénoncé pendant des années la manière dont le Parlement était humilié", a lancé M. Bayrou, les yeux rivés sur ses anciens amis, sous les applaudissements des socialistes. On n'a pas le droit de voter des lois qui changent la règle du jeu après la fin du jeu. Il faut le faire pour les élections suivantes et non les précédentes".
"J'écoute toujours avec respect François Bayrou, sauf quand il est excessif", a répliqué le rapporteur Jean-Christophe Lagarde (NC).
Dans les couloirs de l'Assemblée, le projet de loi a provoqué de sérieuses passes d'armes entre opposants et partisans du texte, notamment entre Jérôme Chartier (UMP) et Henri Emmanuelli (PS). "Il faut que le Nouveau Centre ait les moyens de son indépendance", a martelé M. Chartier. "Vous êtes en train de donner de l'argent à des députés pour les récompenser d'avoir lâché leur leader, lui a répliqué M. Emmanuelli. En trente ans, je n'ai jamais vu une magouille aussi minable. La conclusion, c'est que, quand on est un ami de Nicolas Sarkozy, on obtient 1,8 million d'euros" de financement public, a tempêté le député socialiste. "C'est le prix de la trahison !"
Maître Eolas sur son blog tourne en dérision, en s'adressant à une internaute qui trouve le projet de loi plutôt positif : "Quand [une loi] est demandée et rédigée par ceux seuls à qui elle va profiter, ça ne vous choque pas ? Alors, je serai ravi de jouer au poker avec vous. Je me contenterai de changer les règles que sur les coups où je suis susceptible de perdre. Vous n'avez rien contre donner de l'argent aux petits joueurs ?"
Il s'en est fallu de peu que la motion de procédure de François Bayrou soit adoptée, le PS étant venu en masse, au point de surpasser en nombre des députés UMP visiblement embarrassés par le texte. Très remontés, les députés PS ont multiplié les manoeuvres dilatoires, faisant claquer leurs pupitres dans le plus grand chahut.
Voyant le vote de son texte menacé, François Sauvadet a demandé la vérification du "quorum" (majorité des députés
présents), artifice de procédure qui permet surtout de suspendre la séance.
"J'ai l'impression qu'on est dans une querelle de famille", a plaisanté Pierre Gosnat (PCF). "On est là pour régler les conditions du divorce", a renchéri l'UMP Jérôme Chartier.
Une intervention de François Bayrou a été le coup de grâce. "Je voudrais remercier M. Chartier de sa franchise", a-t-il dit. "S'il s'agit d'un divorce, il s'agit alors d'une pension alimentaire."
Finalement, Roger Karoutchi, Secrétaire Général chargé des Relations avec le Parlement, a préféré reporter sine die la suite de l'examen du texte, regrettant "autant d'excès de tous côtés". Mais pas question, a-t-il assuré au Nouveau centre, d'enterrer le texte: il sera "naturellement" inscrit "à l'ordre du jour prioritaire par le gouvernement", a-t-il promis.
"Même tout seul, on arrive à faire reculer des majorités", se félicitait dans les couloirs M. Bayrou.
Thibault
14:05 Publié dans Mouvement Démocrate | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : MoDem, bayrou, karoutchi, assemblée, Nouveau centre, Sauvadet
23.10.2007
Café Démocrate du 14è - Lundi 22 Octobre à l'Imprévu
Dans le cadre de la pré-campagne de Marielle de Sarnez pour la Mairie de Paris, le Lundi 22 Octobre, les démocrates du 14è ont proposé le premier café démocrate du 14è : il avait pour thème la Petite Enfance et les crèches à Paris.
A 20h, autour d'une petite cinquantaine de personnes, les débats ont commencé. En guise d'audience, quelques habitants du
14è qui ont bravé le froid de la nuit parisienne, des militants MoDem du 14è, des militants verts, socialistes et UMP qui nous ont fait le plaisir d'assister au débat.
Autour des animateurs de la soirée, Christelle de Crémiers, élue UDF-MoDem du 17è, déléguée à la Petite Enfance, a dynamisé la soirée et animé les débats. Marianne Auffret (ex-Verts), Maire Adjointe à la Petite Enfance, nous a fait le plaisir de participer activement aux débats, en toute honnêté et en toute simplicité.
Après une présentation réalisée par Daniel Cayol, président de la section du 14è, les débats ont démarré sur la question de la petite enfance et des crèches dans le 14è.
Fabrice Hauet, Hervé Jacob et moi-même, Thibault Mercier, avons essayé de canaliser les débats et les orienter sur les problématiques de fond : créations de crèches, commissions d'attributions, nouvelles solutions de modes d'accueil.
S'il y a eu des créations nettes de crèches - plutôt associatives - dans le 14è pendant la mandature de Pierre Castagnou, maire PS actuel du 14è, il n'en demeure pas moins que les crèches municipales et parentales ne sont pas la panacée pour régler les problèmes de la petite enfance à Paris. Le débat sur les crèches s'est alors rapidement amplifié sur les questions de politique des jeunes familles à Paris. Comment faire de Paris une ville où des jeunes familles peuvent définitivement s'installer ? C'est sans doute la question centrale qui se situe derrière ces débats.
Crèches parentales, modes de gardes partagées, réseau Paris Services Familles, crèches d'entreprises, beaucoup de solutions alternatives ont été proposées, discutées, souvent dans des discussions passionnées, et argumentées.

Laurent Guimier et Laurent Ochonisky, militants MoDem du 14è, proposeront bientôt une synthèse des réflexions des personnes qui ont participé à ce débat, et que nous serons heureux de vous faire partager. Cette synthèse sera accompagnée d'un diaporama photos.
Pascal Issert de Braux propose sur le blog de Paris XIV une restitution personnelle de ce café démocrate du 14è et des réunions parisiennes publiques UMP et PS du mois d'octobre.
Ce premier café démocrate du 14è a été une occasion pour de nombreux militants
de se connaître et de partager sur un sujet à dimension locale, avec des habitants et des élus. Une occasion de se rencontrer et d'obtenir les premiers ressentis des parisiens sur le MoDem, pendant les séances de tractages parisiens et pendant le café.
Merci à Karim-Pierre Maalej pour la couverture photo !
Merci à François et à toute l'équipe de l'Imprévu pour leur accueil chaleureux !
Thibault
23:35 Publié dans Evénements démocrates | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : MoDem, bayrou, républicain, elections municipales
19.10.2007
Cafés Démocrates du 14è" - Débat sur la Petite Enfance
Les élections municipales de mars 2008 seront l'occasion pour le Mouvement Démocrate de confirmer son ancrage dans Paris, et de réaffirmer le message libéral, social et écologique présenté par François Bayrou lors de l'élection présidentielle.
Dans la continuité des campagnes présidentielles et législatives du 1er semestre 2007, une dizaine de militants Démocrates du 14e ont préparé un projet de cafés politiques, afin que les habitants de l'arrondissement se rencontrent et réfléchissent à des sujets qui sont au coeur de leurs préoccupations de tous les jours.
Le premier de ces Cafés se déroulera
le lundi 22 octobre, à partir de 19h30, à L'Imprévu, 35, rue Didot, 75014 Paris,
et aura pour thème
"Les crèches et garderies du 14e : est-ce que cela fonctionne ?"
L'équipe des Cafés Démocrates du 14e est composée de Thibault Mercier, Laurent Guimier, Fabrice Hauet, Hervé Jacob, Christiane Chetrit, Nicolas Mansier, Laurent Ochonisky, Nicolas Balley, Mehdi Benchoufi, Karim-Pierre Maalej et Pascal Faivre.
Ce premier Café Démocrate du 14e sera présenté par Daniel Cayol, président de la section UDF-MoDem du 14è arrondissement et sera animé par Thibault Mercier, Fabrice Hauet et Hervé Jacob.
Christelle de Crémiers , élue UDF-MoDem du 17e et déléguée à la Petite Enfance, fera part de son expérience sur ces sujets.
Organisé quelques jours après le Café Démocrate de Quitterie Delmas et Virginie Votier sur la démocratie interne du MoDem, le "Café Démocrate du 14è", à visée locale, est soutenu par Yves Ogé, élu UDF-MoDem du 14è, Jean-Louis Castanède, Animateur de la section et Marie Isabelle Pichon , déléguée Jeunes.
Venez nombreux !
Thibault
18:25 Publié dans Evénements démocrates | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : MoDem, bayrou, républicain, démocrate, sarnez, paris, municipales
17.10.2007
Vers une démocratie interne au MoDem
Le Mouvement Démocrate, c'est un gigantesque vent d'espoir. L'élection présidentielle de 2007 a montré que François Bayrou a su redonner confiance en l'esprit politique, en la volonté de faire changer les choses. Par la création du MoDem, François Bayrou a fait signal : j'ai compris ! j'ai compris que des dizaines de milliers de français souhaitent être maîtres de leur destin, qu'ils souhaitent être aux commandes d'une planète qui vit de nombreux bouleversements écologiques, énergétiques et géopolitiques.
L'heure n'est alors plus à l'attentisme. Elle est à l'urgence, la prise en main volontaire, active et constructive.
Actuellement, le MoDem est en pleine effervescence. Il est pris dans le tourbillon de ce magnifique espoir de construction démocrate, et dans les débats qui peuvent exister entre les partisans du big-bang démocrate et les partisans d'une installation progressive du MoDem.
Ce qui est sûr, c'est que la démocratie interne est un fait incontournable pour le MoDem. François Bayrou a révélé un réel besoin de civisme en politique : pour ce faire, le MoDem sera démocrate ou ne sera pas.
On a vu récemment qu'un groupe de dirigeants démocrates composé de François Bayrou, Marielle de Sarnez, Corinne Lepage, Michel Mercier, Jean Arthuis et Jean-Luc Bennahmias avait décidé de 41 investitures pour les élections municipales de 2008. Pour de nombreux militants, la manière dont se sont prises ces décisions ne paraît ici pas en phase avec l'idéal de démocratie défendu par François Bayrou.
On a alors pu voir des levers de boucliers et des sensations de révoltes - légitimes - suite à sentiment de déconnexion entre les actes et le discours. Les militants du MoDem auraient-ils été trompés sur la marchandise ? Ce type de décision est-il transitoire ?
A Lyon, François Bayrou a proposé la semaine dernière un système de consultation des militants pour sélectionner les
candidats à l'investiture pour les élections municipales 2008 : a priori, le choix final se fera entre Michel Mercier, Gilles Vesco, Azouz Begag et Anne-Sophie Condemine.
Trois solutions existent pour investir les candidats démocrates aux élections municipales :
- La sélection par un bureau d'investiture : C'est la solution qui été choisie pour sélectionner les 41 premiers candidats aux élections municipales. Ce mode de sélection est rapide à mettre en oeuvre mais peu transparent, et de surcroît, il ne permet pas l'implication des militants dans la décision.
- La sélection par des primaires : C'est une solution qui est émise par un certain nombre de militants, et qui souhaitent une refondation démocratique du MoDem. Cette solution a l'avantage d'être totalement transparente et de permettre une sélection des candidats par rapport à leur mérite et leur implication dans la vie politique. Avec ce type de sélection, en juin 2007, les militants UMP auraient sans doute laissé Arno Klarsfeld à son roller dans le 12è !
Selon moi, les primaires peuvent, à long terme, être facteur de démagogie et de populisme, et peuvent engendrer une forme de paralysie des décisions par la base.
De plus, si leur avis me semble essentiel et incontournable, les militants ne sont pas forcément les mieux placés pour sélectionner un candidat.
Que l'on le veuille ou non, ce ne sont pas toujours les plus méritants qui sont élus. Rappelons nous l'exemple des députés Nouveau Centre qui ont quitté François Bayrou après la présidentielle : ils ont renié leur idéal de civisme et d'honnêté politique, pour rallier la majorité présidentielle. Finalement, ce sont bien eux qui ont été élus.
- La sélection par un bureau d'investiture et un comité consultatif de militants : C'est une solution proposée par d'autres militants démocrates. Après réflexion, et analyse des arguments, c'est finalement celle que, personnellement, je partage le plus.
Cette solution, actuellement envisagée dans le cas de la ville de Lyon, permettrait de consulter les militants, qui ont une véritable connaissance et une légitimité sur le terrain. La rencontre avec les associations et les entreprises locales sont un terroir essentiel pour asseoir la légimitité d'un candidat. Et la consultation des militants permet de garantir la prise en
compte de cet argument du "labourage du terrain politique".
Cependant, les bureaux d'investitures ont la connaissance et l'expérience politique. C'est pourquoi il me paraît important que la décision revienne en dernier ressort à un collège d'experts politiques. Ces mêmes experts politiques devront argumenter et expliquer en toute transparence pourquoi tel ou tel candidat a finalement été investi. L'honnêteté politique et la démocratie interne demandent une transparence pleine et entière sur les processus de décision.
Les débats actuels, en pleine construction du MoDem, nous amèneront à une des trois solutions. Le plus important est de toute façon qu'un projet de démocratie interne sorte gagnant de ces débats... starting-block incontournable du démarrage du MoDem dans le paysage politique français.
Thibault
16:10 Publié dans Mouvement Démocrate | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : moDem, bayrou, démocrate, sarnez, paris, lyon
15.10.2007
Elections Municipales Lyon 2008 - Vers une consultation des militants MoDem
Ce week-end, à Lyon, François Bayrou s'est montré enclin à une consultation des militants lyonnais pour les propositions de têtes de listes aux élections muncipales.
Il réaffirme la ligne d'indépendance du MoDem, l'importance du projet démocrate, équilibré et rassembleur, au-delà de l'anti-sarkoysme qui a pu être affiché un peu crûment par Azouz Begag.
INTERVIEW LE PROGRES, 13 OCTOBRE 2007
Le fondateur du Modem défendra la ligne d’autonomie et espère convaincre Michel Mercier. Le choix de la tête de liste à laquelle seront associés les militants se fera mi-novembre.
« Viendrez-vous clarifier la position du Modem pour les municipales à Lyon ? »
Je viens la semaine prochaine ou au plus tard dans deux semaines pour rencontrer tous les candidats et quelques autres. Je veux aussi écouter tous les adhérents UDF et Modem. Je viens mettre les choses dans le bon chemin.
« Désignerez-vous la tête de liste ? »
Non, l’horizon pour ce choix est la mi-novembre.
« Les militants seront-ils consultés ? »
Oui. La règle de l’UDF était que pour les grandes villes le bureau politique décidait. Pour Lyon je ne le ferai pas sans les militants.
« Le Modem est-il en puissance pour être présent à Lyon ? »
J’ai la certitude qu’il y a une équipe qui est disponible, composée de beaucoup de nouveaux, déterminés et capables d’apporter quelque chose aux lyonnais.
« C’est une divergence avec Michel Mercier qui semble en douter ? »
Il n’y a pas de divergence avec Michel Mercier pour qui j’ai une grande amitié ; il y a une ligne politique nouvelle qui est fixée, celle de l’autonomie que je défendrai jusqu’au succès.
« En revanche cette ligne n’est pas la sienne ? »
Ce n’est pas ce que je ressens mais je me mets à sa place : il est président du conseil général, ça n’est pas facile ; il une longue expérience de travail avec les uns et les autres. Je suis persuadé qu’il la comprendra.
« Le choix de la tête de liste se fera-t-il parmi les personnalités qui se sont déjà manifestées ? »
Je tiendrai compte de tous le monde. A Lyon il y a beaucoup de gens qui ont l’envergure pour être maire mais ils ne se sont pas encore fait connaître, apeurés par l’incertitude autour du Modem. Je viens lever ces incertitudes. Il peut émerger d’autres noms.
« Cherchez-vous une personnalité de la société civile ? »
Je n’écarte aucune possibilité. Je veux faire naître une nouvelle génération politique.
« Au risque de blesser les élus en place ? »
J’ai été président de conseil général et je sais ce que c’est que d’avoir l’habitude de travailler avec des gens. J’en bouscule certains mais j’ai la conviction qu’il faut le faire. Il y a une nouvelle génération parfois turbulente, c’est bien.
« Peut-on envisager que des Démocrates travaillent avec des Millonistes ? »
Difficilement. La politique n’est pas principalement une question d’idées mais de valeurs. Des idées et des
investissements pour la ville, on peut en discuter, pas des valeurs.
« Vous recevez Azouz Begag lundi. Qu’allez-vous lui dire ? »
Que l’antisarkozysme n’est pas une approche pour les municipales à Lyon. La question doit être la vie des Lyonnais et le destin de la ville.
Propos recueillis par Michel Rivet-Paturel
Crédit dessin : Insideweb3
Thibault, Génération Démocrate
16:50 Publié dans Municipales 2008 | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : moDem, bayrou, mercier, begag, lyon, municipales, démocrate
11.10.2007
"Comment les femmes et la diversité changent la politique" (3/3)
(...)
Plusieurs visions de la diversité et de la république ont été évoquées pendant le colloque sur les femmes et la diversité en politique. Finalement, on se rend compte que les différents avis sont l'émanation de différentes appréhensions de la notion de république.
Si Bariza Khiari a évoqué les risques d'éclatement de la république avec les dérives possibles des statistiques ethno-raciales, en soulignant le caractère indivisible de la république à la française, Blandine Kriegel, présidente du Haut Conseil à l'Intégration, a condamnée ce qu'elle appelle le "républicanisme étroit", les identités nationales compactes incompatibles avec la notion de diversité. Je ne suis favorable à la notion de quotas en république, pour la préservation de l'unité du pacte républicain.
Blandine Kriegel, chargée de mission du Président de la république en 2002, propose la levée de l'interdiction des statistiques ethno-raciales. Elle demande une meilleure "élasticité de la tradition républicaine" pour permettre aux talents de notre vie politique d'émerger.
Suite à cette intervention, Marielle de Sarnez, UDF-MoDem, candidate à la Mairie de Paris aux municipales 2008, a critiqué l'hypocrisie de la loi sur la parité. Selon elle, "il ne faut pas se raconter des histoires. Cette loi ne réglera pas la question de la présence des femmes à l'assemblée nationale."
Cette loi manque d'ambitions et ne permet pas de faire évoluer les mentalités.
Elle compare la situation de l'Assemblée Nationale avec celle du Parlement Européen, où 50% de femmes siègent : les dialogues y sont plus positifs et plus constructifs. Ce que j'avais d'ailleurs moi-même noté en me rendant au Parlement Européen au mois de mai dernier pour assister au projet de statut social européen des artistes, présenté par Claire Gibault. Pour Marielle de Sarnez, sans réforme du scrutin, la diversité ne peut se concrétiser. La culture de la proportionnelle doit voir le jour pour faire sauter les verrous institutionnels et permettre une véritable représentation de la diversité à l'Assemblée Nationale. Le mode de scrutin à la majoritaire favorise la prime au sortant ou à des personnalités connues.
Le parlement français est classé à la 56è place mondiale en terme de représentativité des femmes.
Nassimah Dindar, conseillère politique de l'UMP, chargée de la diversité, souligne que les grands partis proposent des circonscriptions ingagnables à des femmes, ce qui explique également le déficit de representativité des femmes à l'Assemblée. Pour elle, les femmes ne sont pas prises au sérieux au sein des instances dirigeantes de l'UMP et font office de représentation. Il y a pour elle un décalage important entre le discours du parti et sa réalité interne.
George Pau-Langevin est une exception socialiste, car, en tant que femme noire, elle a réussi à gagner une circonscription parisienne en 2007. Elle a souligné la difficulté qu'elle a eue à être investie par l'état-major du PS. En termes de résultats électoraux, les candidats issus de la diversité ont les mêmes résultats que les "hommes de souche". C'est principalement les appareils des partis qui empêchent l'éclosion politique des femmes et de la diversité. L'insulte
misogyne que Patrick Devedjan avait proféré à l'encontre d'Anne-Marie Comparini aux législatives 2007 démontre l'état de délabrement de l'exemplarité des politiques.
Ces débats sur les notions de parité et de diversité ont été passionnants et enthousiasmants. Ils ont mis en lumière le glissement actuel du modèle de société à la française, fondé sur l'universalisme et la laïcité. Les nouvelles générations, d'hommes et de femmes, devront investir les espaces de pouvoir afin que la politique ressemble à la France. Et ne pas laisser les corporatismes politiques et le culte du consumérisme conserver le pouvoir.
Thibault, Génération Démocrate
12:15 Publié dans Justice et libertés | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : moDem, bayrou, démocrate, sarnez
10.10.2007
"Comment les femmes et la diversité changent la politique" (2/3)
(...)
A cette même table ronde, Christiane Taubira, députée PRG de Guyane, s'est exprimée en soulignant le particularisme de la circonscription qu'elle représente. Lorsque l'on est la seule femme noire élue à l'assemblée nationale, on doit redoubler d'attention et être dans une bataille permanente, faite de nombreuses humiliations. Mais selon elle, l'engagement politique, c'est justement un combat de chaque jour de défense des idéaux. Elle reprend un extrait de René Char qui fait vibrer les coeurs politiques : "Celui qui vient au monde pour ne rien bouleverser ne mérite ni égard ni patience."
Comme Bariza Khiari, elle dénonce le cumul des mandats, véritable verrou institutionnel empêchant l'émergence d'une nouvelle génération politique, jeune et diverse. Elle explique qu'actuellement seulement 4% des députés ne sont que députés. C'est le mode de fonctionnement des institutions qui reproduit l'exclusion. Pour elle, la nouvelle génération politique doit "bousculer les conservatismes, les Baylet, les Hollande, les Devedjan, et prendre le pouvoir. Tant que l'on a cet espèce de feu sacré, il faut y mettre toute son énergie, son impatience, et changer les choses. Après, à trop attendre, on peut connaître le désenchantement." Vibrations dans la salle.
Suite à la passion de Christiane Taubira, Khalida Sellali, déléguée régionale des droits des femmes en Nord Pas de Calais, s'est exprimée. Elle a précisé que les mythes judéo-chrétiens d'Adam et Eve, de la faute originelle et de la femme tentatrice, sont toujours présents dans les esprits, les traditions et les institutions. La religiosité de la société a conduit à une discrimination des femmes : la laïcité à
la française permet d'aller dans le sens d'une égalité hommes-femmes, mais le mythe de la pomme et du serpent persistent.
Du point de vue économique et social, Khalida Sellali souligne la précarité du travail des femmes en Nord Pas de Calais (CDD et emplois aidés), et la persistance d'un taux de chômage des femmes supérieur à celui des hommes (14,4% pour les femmes contre 12,5% pour les hommes en 2006). De même, elle précise que moins de deux dirigeants sur dix sont des femmes.
Françoise Miquel, membre du conseil d'administration de "Femmes, débats et société", a principalement axé le débat sur le consumérisme ambiant. Il y a actuellement "une perte de sens de l'intérêt général et une dislocation du lien social". Le monde télévisuel, l'approche communautaire et la sphère de l'avoir générent des tensions sociales et un repli identitaire. Si la notion de citoyenneté est sensée être une "sublimation des intérêts particuliers", il n'en demeure pas moins que cette notion semble s'affaiblir aujourd'hui.
Et d'ajouter "Tant que l'on sera dans un systéme figé où l'on élit ceux qui nous ressemblent, cela ne changera pas."
La notion de citoyenneté et d'intérêt général n'est pas immédiate, car chacun a tendance à se replier sur lui. Il y a donc une réelle nécessité de bouleverser les institutions et les représentations politiques. Sans bouleversement générationnel, le système ne changera pas de lui-même car il s'auto-entretient.
(...)
Thibault, Génération Démocrate
11:45 Publié dans Justice et libertés | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : moDem, bayrou, démocrate
09.10.2007
"Comment les femmes et la diversité changent la politique" (1/3)
Samedi 6 Octobre, je me suis rendu avec mon amie, Aude, au 126 rue de l’Université, Paris 7è, à la Salle Colbert de l’Assemblée Nationale.
Les Marianne de la Diversité , présidées par Fadila Mehal - candidate UDF-Modem dans la 19ième circ. de Paris aux législatives 2007 - et l’association Paroles de femmes , organisaient un colloque sur le thème « Comment les femmes et la diversité changent la politique. »
Je remercie vivement Luc Mandret de nous avoir permis de participer à cette conférence qui m’a particulièrement enthousiasmé.
La matinée à la Salle Colbert a été principalement une succession de tables rondes, animées par des hommes et des femmes politiques, acteurs de la parité et de la diversité en politique. Dans le public, sont également présents mes amis démocrates Michel Hinard , Karim-Pierre Maalej et Jérôme Charré (lequel a également écrit un compte-rendu de ce colloque sur son blog).
Richard Ying expose également un reportage photo de ce collloque sur son blog.
Après un coup d’envoi donné par Stéphane Rozès, Directeur Général du CSA, Rama Yade, Secrétaire d’Etat auprès du Ministère des Affaires Etrangères du belliciste Bernard Kouchner, a pris la parole et a exprimé ses positions sur la diversité. Elle a expliqué la difficulté de discours pour une femme publique comme elle, à la fois femme bien entendu, mais également jeune et issue de la diversité. Rama Yade a expliqué, de manière simple et accessible, qu’elle ne souhaitait pas être cataloguée comme « la jeune femme noire
qui a réussi », comme Fadela Amara ou Rachida Dati, et ne souhaitait pas être l’émissaire des minorités au gouvernement. Elle a pris comme exemple le fait que, lorsqu’elle s’est rendue au Sénégal, le gouvernement du pays a déclaré : « Voici une de nos compatriotes ! », en faisant référence aux racines sénégalaises de la jeune Secrétaire d’Etat. Vision réductrice et communautaire de la politique, où Rama Yade tient à son rôle de représentante de la République Française, au-delà des communautés, tout en étant également un modèle d’intégration républicaine. Difficile équilibre à trouver.
Mais lorsque Rama Yade explique que, « lorsque l’on est à la conférence de l’ONU derrière la petite plaque France, et que l’on ne s’appartient plus », son discours prend tout son sens.
D’autre part, en tant que modèle de diversité de l’intégration républicaine, Rama Yade a souligné « son obligation de réussite », comme pour celles de la Garde des Sceaux et de la Secrétaire d’Etat à la Ville. L’UMP étant un parti au mode de fonctionnement conservateur, les caciques du parti attendent les dérapages politiques de ces femmes pour les affaiblir. A moyen terme, les personnalités politiques issues de la diversité et de la parité ne doivent plus être "le fait du prince", mais doivent accéder à des fonctions électives.
(A titre personnel, je pense que cela fait déjà plusieurs semaines que Rachida Dati a dérapé avec son entreprise de « caporalisation des magistrats ». Mais ceci n’est qu’une parenthèse.)
Bariza Khiari, Sénatrice PS de Paris, a souligné quant à elle les codes de l’organisation politique et les conservatismes internes qui empêchent l’émergence de candidats issus de la diversité et de la parité. Pour elle, comme pour Rama Yade, les élus issus de la diversité son condamnés à réussir et à prouver, pour ne pas être cantonnés à un simple rôle
de représentation ou de trophée ethnique.
Elle ajoute d’ailleurs, non sans malice : « C’est quand même curieux que pour Rachida Dati, on dise Rachida, et que pour François Fillon, on ne dise pas François, » critiquant ainsi le regard condescendant post-colonial de certains politiques.
Il y a derrière ces questions un véritable malaise de société où « l’on ne sait plus nommer les choses » par crainte des réflexes communautaires des noirs, des arabes, des juifs, des homosexuels, des français de souche. Personnellement, cela ne me gêne pas d’appeler un noir un noir, puisqu’il l’est.
Un des enjeux des années à venir sera sans doute que chacun puisse « décomplexer son identité » (et sur ce point je pense que Nicolas Sarkozy a fait le bon diagnostic en terme de malaise de société), mais tout en respectant l’individualité de l’autre et de la collectivité républciaine.
C’est un véritable chantier pour la société française et européenne. Chantier de responsabilité qui doit aboutir à une construction d’une nouvelle identité personnelle et collective. Sans tomber dans le « c’était mieux avant » ni le « il faut faire table rase du passé ».
Bariza Khiari souligne que ce sont finalement les structures politiques qui empêchent les diversités et la parité d’émerger. La présence de Ségolène Royal au second tour de l’élection présidentielle a bien montré que les français sont
prêts : ce sont les appareils politiques de l’UMP et du PS qui sont poussièreux, et qui ne demandent qu’à être passés à l’aspirateur à nouveautés.
Pour que les candidats de la diversité ne soient plus cantonnées à des circonscriptions ingagnables, la sénatrice socialiste estime que l’enjeu est le non cumul des mandats. Car c’est bien le cumul des mandats qui verrouille l’accès au second stage de la citoyenneté, à savoir le statut d’élu.
(...)
Thibault, Génération Démocrate
11:00 Publié dans Justice et libertés | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : modem, bayrou, sarnez, diversité, républicain
06.10.2007
L'engrenage : un petit bijou de création !
14:35 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note



